Les illustrations montent sur scène pour vos élèves !

Ecrit par Caroline

A l’école maternelle, l’illustration est reine. Les albums sont lus et relus, trimbalés dans tous les coins de la classe. On s’en sert pour lire bien sûr, mais aussi construire un château, comme table…

A l’école primaire, l’album disparaît parfois pour les premières lectures, les petits romans et les illustrations s’effacent peu à peu

Pourtant les illustrations sont aussi essentielles que le texte dans l’apprentissage de la lecture. Je m’appelle Caroline Pistinier et suis auteur-illustratrice pour la jeunesse. Aujourd’hui, je vous raconte mon histoire de cancre à auteur jeunesse.

Pssst… Pour accrocher un jeune lecteur il vous faut :

– Une histoire à lire et relire sans se lasser

– Des illustrations qui racontent beaucoup de choses et font rêver

– Des activités autour de l’histoire

Je n’ai jamais aimé l’école. Cela commence mal pour un article destiné aux enseignants… C’est pourtant la vérité et encore aujourd’hui, lorsque je passe la grille d’une école, mes vieilles angoisses ressurgissent : les difficultés de lecture, les fautes d’orthographe, les additions au tableau noir que je ne sais pas résoudre…

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Je me rassure, j’ai 60 ans, je suis grand-mère, j’écris et on me lit. Le miracle a eu lieu !

Mon parcours rebondissant de cancre à auteur jeunesse

Ce statut de mauvaise élève me colle encore à la peau aujourd’hui. N’ayant pas perdu de vue la petite fille que j’étais, je parle le même langage que les élèves que je rencontre.

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Généralement, je présente mon métier, le rapport auteur-illustrateur-éditeur-imprimeur, j’apporte des originaux, des « ratages » et des brouillons que les enfants peuvent manipuler.

Je peux comprendre leur attirance pour les écrans, les jeux et tout ce qui éloigne du livre. Je suis des leurs ! Et c’est avec leurs codes que je les amène au livre.

Mon retour à l’école et la rencontre avec les élèves

Les enseignants me contactent de diverses manières. Il y a les inconditionnels mais le plus souvent, c’est le hasard qui provoque la rencontre. Lors de salons du livre, en surfant sur le net, en discutant avec un libraire…

Ensuite, ils m’exposent leur projet. Cela va de la rencontre ponctuelle, juste pour montrer un auteur vivant aux enfants, aux projets plus ambitieux comme un livre de classe.

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Les enfants rencontrent un auteur « vivant » ! Et oui, ça existe !

Je n’ai pas d’animation « clés en mains », je me mets à la disposition des enseignants et des enfants pour répondre à leurs demandes.

Quel que soit le type de rencontre elle ne sera riche que si les enfants sont préparés. Ils connaîtront au moins un de mes albums et nous pouvons, si l’enseignant le désire, correspondre avec les enfants avant la rencontre.

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La correspondance permet aux enfants de poser les questions qu’ils n’oseraient peut-être pas poser le jour J. J’aime y répondre de manière inattendue.

Une classe me demande : “Tes cheveux sont de quelle couleur ? Tu es grande ou petite ?”. Moi je m’amuse à répondre que mes cheveux ne sont pas roux, que je suis plus haute que 3 pommes mais plus petite qu’une girafe…

Si l’échange se prolonge, je leur demande de me dessiner.

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Faire dessiner l’auteur aux élèves permet de briser la glace lors de la rencontre.

Quand la rencontre a lieu c’est l’occasion d’un bon fou rire qui libère immédiatement l’atmosphère.

Lire les dessins, pour apprendre à lire ?

Je montre, même aux plus petits, qu’ils peuvent lire en leur proposant de me raconter mon tout premier album : Quel temps de chien ! une histoire sans texte.

Certaines images sont très « parlantes » et l’action facilement identifiable. Mais d’autres sont plus complexes et demandent une bonne compréhension du déroulé de l’histoire pour être interprétées. C’est donc valorisant pour l’enfant.

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Quel temps de chien !

Quand à la fin, je leur dis qu’ils ont réussi à lire, ils n’en reviennent pas.

J’espère permettre aux enfants de regarder différemment les livres qu’on leur propose. Si certains ont envie de raconter des histoires et de les illustrer parce qu’ils m’ont vue faire, c’est encore mieux.

Dans tous les cas, merci aux maîtres et maîtresses !

Je suis née le 6 août 1954 à Paris. Fille unique, je tuais l’ennui avec le dessin et les animaux. J’ai toujours la même passion pour les deux. Je dessine souvent de travers parce qu’un chat s’est installé sur mon bureau ou la chienne tente de grimper sur mes genoux... J’aime raconter des histoires dont les héros sont des animaux. Je fais un métier que l’on ne peut pas exercer sans passion : auteur-illustrateur. C’est une chance.

Crédits photo : Caroline Pistinier – Pixabay

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